Présence de l’acteur-musicien
« de la musique avant toute chose »

Entre l’image et la poésie, peinture de rêve et réel


Mardi 9 juin 2026 — 15h45-17h45

La présence de l’acteur-musicien renvoie à sa capacité à occuper l’espace avec justesse, à la fois par le jeu, le rythme et l’énergie scénique. Cette présence peut aussi désigner une aura particulière, quand l’interprète fait sentir une tension entre image, voix et mouvement.

La présence de l’acteur-musicien, entre écoute, rythme et intensité.

Une présence scénique qui unit le jeu de l’acteur et la musicalité du musicien.

La présence de l’acteur-musicien : un art de l’image vivante.

Source

 

 

« De la musique avant toute chose » réclamait Paul Verlaine dans son célèbre Art poétique en 1882, à l’endroit précis où la poésie in fine se voit placée au rang des formes majeures de l’esprit au même titre que l’architecture et l’orfèvrerie d’ailleurs, au Moyen Age.

Élément de la mousikè, ou art des muses, l’idée de poésie ne revient-elle en définitive à cette musique des profondeurs, musique des sphères, la musica petite voix intérieure, sienne, s’assimilant aux voies du cœur qui ouvrent à la lumière, respirant sa lumière ?

De conception ancienne et lointaine, immémorielle, telle la respiration mais le souffle du poids et de la gloire, la langue musicale que désigne en musicologue Maurice Emmanuel dans son étude parue en 1928, remonte aux prémices comme le génie et la main sont reliés aux sommets. S’écrit la musique en tant que forme savante d’ordre sacré, voix des dieux depuis la plus haute Antiquité et danse des anges au Moyen Age via la monodie, le chœur et la polyphonie, ce qui est avéré et attesté toujours et encore depuis lors, car elle plonge bel et bien ses racines, la musique, dans cette tradition classico-antique à la fois occidentale et orientale effectivement, qui s’enracine au cœur des origines gréco-latines et judéo-chrétiennes la constituant pour le moins en substance dans la figure de l’homme aux mille et un visages : David Bowie apprécié « dans un personnage trop souvent oublié : celui de musicien » comme se plaît et aime à se le représenter Matthieu Thibault, musicologue et enseignant, auteur de DAVID BOWIE. L’AVANT-GARDE POP (2013), glam rock idole devenue icône, légende vivante comme Elvis Presley en son temps The King, avant que de naître a minima par deux fois étoile noire comme Blackstar testamentaire, ce disque éponyme vingt-sixième et dernier album studio de David Bowie, sorti mondialement le 8 janvier 2016, date anniversaire des soixante-neuf ans de l’artiste, deux jours avant sa mort.

Entre mythe et réalité, autobiographie fictive s’il en est une, mythologie par le rite et le rituel d’ordre apotropaïque et exutoire, expiatoire sur les théâtres et plateaux de tours operator, le funèbre Don Giovanni de Mozart (1788) s’y fond aussi bien en lui-même que dans le giron-saint du patrimoine immatériel de l’humanité ; tout également fonds des Anciens que sublime et subsume le Plain Chant qui en dérive, savante, subtile, incorporelle musique des chœurs : la musique continue de s’épanouir comme telle à la Renaissance et se perpétue évidemment ensuite à l’Age classique, puis à l’Epoque Contemporaine que prolongent, après les maîtres baroques, les romantiques et modernes, mais contemporains ensuite, référant au concept d’harmonie des sphères si prégnant dans l’unité du Un des mathématiques pythagoriciennes et philosophies présocratiques. Forme d’élévation, elle est expression, mouvement de la sagesse aux origines-mêmes puisque spirituelle et morale, physique certes incarnée, mais non pas charnelle faute d’être sensitive, sensible voire sensuelle, organique, mystique parfois, quelquefois viscérale et troublante en son essence divino-humaine, la musique d’obédience ésotérique, magico-religieuse, charismatique, émouvante, bouleversante : la musique est opérante, opératoire, opératique par le renversement qui lui ressemble et qui est à son image, par le grain de la voix, par la peau, le plus intime de l’homme y étant interpelé comme le souligne Valéry.

(c) Valérie Colette-Folliot
Sémiologue de la danse, conférencière
Professeur de culture chorégraphique, histoire de la danse
  Docteure en arts du spectacle, études théâtrales
  Conservatoire à rayonnement régional de Rouen
Mercredi 8 juin 2026