La Cie Carte Blanche au Théâtre de Caen dans le cadre des Boréales

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Le théâtre de Caen, en fête ce mardi 23 novembre 2010 : retour sur la compagnie norvégienne Carte blanche venue danser Uprising (2006) d’Hofesh Shechter, Fallen Behind Me (première française, 2010) de Christopher Arouni, et Love (2003) de Shalon Ayel, pour la 19e édition du festival des Boréales.

Retenons que la compagnie Carte blanche a été fondée en 1989, qu’elle est composée de quatorze danseurs, qu’elle alterne créations et reprises, développant sa renommée internationale par des collaborations ambitieuses avec des chorégraphes de renom et un nombre croissant de représentations à l’étranger. Comme pour le Ballet Cullberg déjà accueilli au théâtre de Caen, on appréciera dans la performance technique des interprètes de Carte blanche l’influence de Mats Ek, reconnaissable au raffinement athlétique de son style, fait de purisme néoclassique et, par filiation, de stylisation essentialiste empruntée à Kurt Jooss, chorégraphe de La Table verte (1932), dansée d’ailleurs par Birgit Cullberg, fondatrice du ballet qui porte son nom et mère de Mats Ek. Voici que défile sur les planches du théâtre de Caen un rouleau d’histoires de la danse… Mais dès à présent, annonçons que le politiquement correct et le joliment tourné basculent dans le bondissant ; et que l’action scénique de la danse théâtrale se resserre autour de l’action spectrale, étayant en corollaires geste dansé et regard poétique. Alors, que dire des poncifs que suggère une telle soirée de gala ?

Que penser aussi de l’influx du mouvement dansé s’il ne produit son effet, ce qu’a priori nul ne contesterait ? Questionnons cette danse contemporaine, virtuose, voire académique, en tant que succédané de ces débuts du XXIe siècle. Interrogeons la forme en prenant en compte son parcours à travers plus de trente ans d’évolution esthétique soutenue par une politique culturelle étatique, celle du Ministre de la culture Jack Lang sous la présidence de François Mitterrand dès 1981. De surcroît, confrontons danse classique, moderne, jazz, nouvelle danse française à ladite danse contemporaine qui occupe les hauts de l’affiche afin de focaliser ce qui confère à la danse le statut d’art du spectacle que personne ne met en doute - seule la question du langage se trouvant sujette à caution selon certains. Que dire de la coupure sémiotique qui lui est intrinsèque ? Cette notion échapperait-elle au champ du corps dansant ? Cette question du sens, le philosophe Daniel Bougnoux l’appréhende au sujet de l’art de la danse dans son article « Bis ! ou l’action spectrale. Noli me tangere ». Il soutient que, de toute évidence, « la danse exalte la double jouissance, contradictoire, du corps réel et de sa représentation », image du corps dansant participant, explique-t-il, de l’ordre indiciel et d’une réalité iconique toute incertaine.

A notre tour, jetons-nous dans l’interprétation du jeu dansé, mais à distance, depuis la salle de spectacle, et entrons dans la danse en nous laissant gagner par cette énergie nommée nexus que le philosophe José Gil assimile au désir aux prises avec sa réflexivité, sa finitude, son réel (« La danse, le corps, l’inconscient »). D’abord, en quoi l’art chorégraphique procède-t-il du discours ? Comment signifie-t-il, et au demeurant, pourquoi invoquer aussi le caractère prétendument asémantique de la danse ? Ces interrogations appelant leurs propres hypothèses de lecture, commençons en guise d’exemple par déterminer ce que sous-tend la pièce Love de Shalon Ayel ; considérons cette œuvre pour ce qu’elle n’est peut-être pas, tout en l’appréciant en vertu de ce que nous y projetterons au gré du travail inconscient de l’imaginaire et des processus d’affabulation qui y concourent.

Support d’inscription, le corps dansant ne fait sens que par les opérations d’une lecture de soi. Fatalement. Qu’elle soit de pure exécution et d’expression, la danse nous racontera toujours forcément quelque chose de nous. Ceci étant, quelle en est la solidité, la consistance, la substance ? Bien éclairé sera celui qui pourra l’expliquer. Mais pour l’instant, occupons-nous d’échafauder une pensée sur le supposé acte de parole, et soucions-nous de coconstruire un regard chorégraphique, à l’instar de ce que le sémiologue Roger Odin prône. Qu’en est-il du postulat selon lequel la danse serait considérée comme asémantique, illustration éloquente du principe narcissique de plaisir qui dicte sa loi à la société contemporaine ? Pourquoi la danse ne serait-elle pas aussi langage ? Elle est certes pratique corporelle, physique, athlétique, artistique, comme du sport, dit en chambre, ou plutôt atmosphérique comme de la musique, dite d’appartement - composition en suspens qu’Eric Satie souhaitait affleurant à l’oreille, comme  transparente, insignifiante, quasiment absente et cependant active, présente, si prégnante et subliminale, mais non sublimatoire ni même sublime, encore moins et plus que cela… Alors asémantique ? A quelle(s) danse(s) avons-nous assisté hier soir ? A celles de Hofesh Shechter, de Christopher Arouni, et de Shalon Ayel.

Les trois chorégraphes interprétés ce soir du 23 novembre 2010 par la compagnie Carte blanche participent-ils du constat de réalité qui se résumerait au mot « vide » ? Hormis Uprising dont l’argument traite des émeutes survenues en 2006 dans les banlieues, ce par quoi Hofesh Shechter affirme un point de vue engagé en faveur des laissés pour compte de la société de consommation et du monde urbain actuel, exceptée la dynamique de groupe de sept garçons à la plasticité et aux allures martiales, les deux autres pièces, Fallen Behind Me et Love présentent, elles, une vision plus caricaturale pour celle-ci, et plus conceptuelle pour celle-là, chacune des trois véhiculant néanmoins le même sens de l’abstraction, avec un travail de symbolisation très différent dans chaque cas. A voir progresser tous ces corps en des actions toutes plus démonstratives et spectaculaires les unes que les autres, émergent bientôt, du mouvement organique, d’autres considérations, plus  dramaturgiques. Il nous faut écarter l’irrecevabilité de notre première proposition concernant l’asémantisme de la danse. En nous référant à une pièce qui n’a pas été dansée le 23 novembre dernier mais qui le sera le 29 novembre prochain, reprise du ccncbn à la Halle aux Granges de Caen, comparons ces trois chorégraphies, Love tout particulièrement, avec Just to danse (Fatlam, 2010). Notons les prises de position des Fattoumi-Lamoureux, soucieux d’imprimer dans les consciences une responsabilité civile, publique et citoyenne, politique (cf. l’article paru à ce sujet, archivé dans notre blog).  Gratuite, la danse, parfois. Mais n’en faisons pas une loi comme nous allons tenter de le voir. D’ailleurs, l’ensemble du répertoire chorégraphique, quel qu’il soit, classique, moderne, jazz ou contemporain, tend à l’infirmer. Citons encore Just to dance en contrepoint aux badinages que les ridicules de la séduction font passer pour de l’amour dans le spectacle intitulé Love et qui appelle un rapide décryptage, tant le sujet joué est remarquable d’ennui et de platitude. Encore une fois, veillons à ne pas confondre l’objet et le sujet, ni l’énoncé et l’énonciation, distance et distanciation participant de toute composition artistique.

« Love » n’étant pas Amour, ni Eros, Thanatos, encore moins Agapè, la pièce de Shalon Ayel (Love, 2003) s’oppose en tous points à celle des Fatlam (Just to dance, 2010). Mais toutes les deux semblent s’interpeller comme des pièces inversées,  antithèses, contre exemples l’un de l’autre, tant au niveau des procédés de maillage à la jazz quand les danseurs se succèdent en solos, saisissant l’opportunité à la fois jouée et vécue pour s’ouvrir les uns aux autres à tour de rôles, qu’au niveau de la compréhension du monde restitué sous les feux de la rampe. Parler des hommes, c’est forcément revenir à Vénus et à Mars en même temps qu’à Psyché et Amour. Carte blanche au théâtre de Caen donc. Apprécions le talent des interprètes, magnifiques exécutants, mais revenons à Love. Comme cette pièce affiche ostensiblement son fun et son sexy - tout n’étant en elle que sex and sun, franchement très lovely ! Mais, in fine, tout cela se révèle peu excitant, toute autre approche pouvant passer pour nettement plus érotique en dépit des fantasmes de prêt-à-porter, fort éloignés du goût libertin ; on eût cependant aimé faire du Love de Shalon Ayel un délassement. Ce qu’il est probablement, pourquoi pas, malgré son monotone et en dépit de son prévisible. Tout, dans Love, se réduit au divertissement, sans ludisme hélas. Une distraction, une inconséquente sortie, un menu plaisir en forme de dérobade entre deux portes, entre deux tours de chant, sur la scène dévoyée des plaisirs bientôt démodés, indiscutablement, d’où l’hébétude des anonymes qui se réjouissent dans le récréatif du samedi soir, en état narcoleptique, l’euphorie en moins, désabusés, mécaniques et déprimants. Telle est la peinture vivante de ce tableau de genre, dansé avec assurance, avec arrogance, avec endurance jusqu’à ce que mort s’ensuive, petitement. Sous leurs faux-airs si peu sensibles, détachés de tout, de la vie, et cramponnés au up to day, dans leurs uniformes noir moulant et découvrant leurs beaux corps déshabillés, ils s’admirent eux, pas les autres, narcissiques, égotiques. Tels sont les héros postmodernes se profilant ici.

L’objet développé par Shalon Ayel eût-il été de décrire le cœur des choses d’aujourd’hui à l’heure du cynisme et de la désubstantialisation, alors oui, on considérera que la chorégraphe de la compagnie israélienne Batsheva y est parvenue, avec excellence même. Mais on peut douter d’une telle orientation épistémique. À force de ne voir que l’écorce évidée, l’absence, l’acte accompli sans saveur, sans amour, sans un soupçon de sentiment, sans émotion, sans flamme, et comme absent à soi, ces personnages incarnent la terreur que peut inspirer à un certain public le fait même de penser, machine infernale alimentée par le libre arbitre et la problématique du choix. Monte depuis les planches une vie sans état d’âme, ici dansée comme on s’agite dans les love party. C’est en substance tout l’art de Shalon Ayel qui lance ses propres dés sur ce tapis de danse, comme une boule qui ne pourrait rouler jusqu’à son point mort parce que nulle main ne l’y aurait auparavant engagée. Tout semble être métaphorique dans ces corps qui bougent et gesticulent en cadence, certes, mimant jusqu’au ridicule l’acte sexuel et les parades amoureuses, en se raccrochant aux clichés en vogue pour toute justification, authentification d’un profond manque de conscience en ce monde anéanti, dévastateur, tournant à vide, sans espoir de revenir à qui de droit : avortée… Alors, du point de vue discursif, l’artiste chorégraphique en appelle-t-elle au seul principe de réalité lorsqu’elle nous montre de la sorte la société de consommation ? Triste constat des choses, pesantes par leur propre corruptibilité, car sans consistance, sans regard, sans Moi, constat délesté, frivole et léger. On sort de Love avec en tête et dans chacune de ses fibres le sentiment que l’amour, c’est tout autre chose. Ce n’est sûrement pas l’action qui nous est stylisée par ces ondulations de dos, les danseurs donnant de la tête comme pour combler leurs besoins compulsifs, esclaves du coït dominateur au travers des coups de reins qu’ils reproduisent, adoptant les tics contagieux des pistes de danse et des discothèques follement libérées, furieusement dans le vent… On aura finalement identifié l’ironie de Shalon Ayel dans le réalisme à peine satirique de ce tableau, à l’acidité feinte, au regard plus froid que critique sur la réalité sociétale, sur nos mœurs.

En conséquence, que signifie pour un danseur le fait d’être tout simplement là, physiquement et nulle part ailleurs ? Est-ce cela être présent à soi-même ? Telle s’entendrait la musique, avec son leitmotiv éculé du to be or not to be. Si l’art de la danse consiste aussi à se rappeler les uns aux autres, ad memoriam, par le corps en tensions, il s’avère qu’une relation d’élection ne saurait se dispenser de mise en perspective, d’idées. Par quels moyens opère la profondeur de champ nécessaire au rêve ainsi qu’à la prise de conscience, son corollaire ? Une chose existe-t-elle au-dessus de tout le reste, et si oui, laquelle ? Les danseurs, quant à eux, comme chaque artiste et la plupart d’entre nous, estiment la valeur du geste créateur non au creux des apparences, mais au prix du combat relevé comme un défi contre la pesanteur. En conclusion, disons que cette chorégraphie offre la vision d’une danse d’anéantissement, le moi étant, restant et demeurant une action spectrale, ainsi que Daniel Bougnoux en témoigne, le corps dansant se partageant entre indicialité du vivant (la chair) et symbolique du Noûs (l’esprit), telle une chute.

La représentation du 23 novembre 2010, au théâtre de Caen, était donnée à l’occasion du 19e festival des Boréales (manifestation culturelle scandinave et baltique portée par le Centre régional des lettres de Basse-Normandie, à l’initiative de Eric Eydoux, son fondateur).

Revenons aux questions coordonnant le spectacle, les arts et les lettres, et focalisons-nous sur le jeu corporel afin d’appréhender cette réalité poétique qu’est la présence scénique. Espérant nous accorder au diapason du corps dansant, soyons attentifs à ce que la persona cherche à nous dire d’elle, du masque et de nous-même à travers ces multiples facettes du JE qui est un autre, disait le psychanalyste Jacques Lévine, alors que le danseur éprouve, d’après Pierre Legendre, la passion d’être un autre. Alertes, enlevées, avec tout l’art et la manière de la danse académique, comment ces figures dansantes se mettent-elles en selle ? Et que mettent-elles en scène ? Par quel feu relancent-elles aussi ce qui pourrait ressembler à une chanson de gestes ! Il est vrai que l’art moderne puis l’art contemporain s’offrent de répondre à la crise de la représentation que redouble le sujet en crise face à la faillite des institutions et au déficit des idéaux, les instances s’amenuisant, élimant la conscience politique du citoyen du monde ; que l’homme cybernétique est, comme le signale Daniel Bougnoux, mais aussi d’autres auteurs tels Paul Virilio, Bernard Steigler, Régis Debray ou Alain Badiou ; interrogeons à leur suite les limites de notre propre condition, notre contemporanéité, en ce tournant de millénaire, et pesons notre finitude. Intensité du jeu éludée, faute de n’être pas élucidée, n’est-il pas question de présence lorsque nous parlons de la vérité du sujet qui, en danse, se replie sur les qualités de corps en présence au monde ? Manifestement, la compagnie Carte blanche dispense beaucoup d’énergie par-delà la rampe de scène pour un public réceptif comme à l’accoutumée au théâtre de Caen. Mais la présence scénique ne se borne-t-elle qu’à la puissance de frappe d’un corps propulsé en élévation ? Tout laisse à penser que non, aux vues de l’histoire de la danse, des artistes tels Merce Cunningham et Kazuo Ono ayant dansé jusqu’à l’âge canonique des quatre-vingt-dix années pour le plus grand bonheur du public. Preuve est faite que l’art de la danse n’est pas synonyme de corps juvénile et athlétique. Aussi en revient-on à la catégorie psychologique de l’émotion, laquelle, en Gestalt théorie, se calque sur la forme qui lui imprime son état réversible.

Le répertoire d’Hofesh Shechter, de Christopher Anouri, et de Shalon Ayel a été Interprété avec brio par la compagnie Carte Blanche. Ses quatorze danseurs ont ravi le public caennais, en ravivant sans discontinuité une fin des fins que les galops et les promenades contrôlés en tous points ont agencé derrière l’écran béant du théâtre, lequel parfois pouvait échapper au vide, comme dans Uprising, puissant, intelligent, mené avec fermeté, le langage étant tout policé et fort symbolique, par-delà l’immédiateté des sensations, de l’expérience, des sentiments, des émotions. Soulignant l’action spectrale, la rampe de scène, dans certains cas, peut se réduire à de simples déplacements de points et de lignes (Fallen Behind Me, de Christopher Arouni), à de l’agitation ou à du remue-ménage (Love), faisant voler moins les corps que l’air comme poussière pour tout ensemble. Parfois, j’ai pu regretter les insuffisances du regard, se limitant à de l’exécution, même si, en règle générale, l’interprétation technique pouvait apparaître magistrale, cette compagnie de danse contemporaine venue de Norvège étant applaudie pour ses qualités  artistiques et académiques, tous styles confondus selon le fameux critère qui veut qu’un danseur classique aujourd’hui sache tout danser avec excellence - Carte Blanche correspondant à cette esthétique, remplissant  admirablement tous les univers poétiques, admirée pour son excellence, son brio, plus que pour le brillant de l’écriture poétique. Au demeurant, la création 2010 Fallen Behind Me de Christopher Arouni s’est attachée à un jeu de passation entre ce trio de femmes, imprimant avec douceur et assurance leur autorité dans cette géographie que la vidéo projetée sur le panoramique révèle être une forêt en montagne sous la neige, vision de forêts vierges à découvert fichant la scène dans ce cercle polaire. Cependant, nous avons pu déplorer quelques longueurs dans le travail de Christopher Arouni et de Shalon Ayel, à notre sens trop systématique, compassé, n’en finissant pas de chercher le sol et ses ancrages, joliment touché certes dans des poses parfaitement réalisées par ce trio féminin, trio gracieux mais quelque peu insignifiant par ailleurs ; quant aux compulsions pour l’autre chorégraphie, soubresauts du bassin et épaulements avec prises de pied à la main disloquées, ces fresques vivantes n’en finissaient pas, elles non plus, d’épuiser leur système, acrobatiques, mimant l’acte et n’en dérogeant pas, peu convaincantes pour le coup.
Uprising (2006) est solidement ancré dans le sol. Son jeu dansé s’exécute avec un magnifique moelleux, avec rebond, avec des bonds aériens, la saltation rappelant les pas de bravoure que le ballet classique affectionne tant. Cette danse contemporaine peut émouvoir en effet par son assise yiddish, se retournant par aimantation et par posture introvertie des épaules, comme dans Political mother (H. Shechter, 2010), le bassin logeant son centre de gravité le plus en bas possible, le regard indiquant une direction récurrente partant de la terre pour prendre l’espace avec une amplitude exceptionnelle, à la manière de Saburo Teshigawara comme dans Air (2003, création pour le Ballet de l’Opéra de Paris) y extrayant la charge, la puissance, ou l’énergie, qui permettra de décoller et de flotter en vols planés tout à fait extraordinaires. Furieusement contemporain, H. Shechter transfigure le hip hop actuel sans pour autant le châtrer. Battant, combattif, viril et guerrier, Hofesh Shechter domine totalement son sujet de prédilection, la chorégraphie de ligne en ses interstices et ses interlignes ; quant à son rapport à l’espace, il le structure par le biais d’une solide architecture constructiviste, bien qu’il n’y ait aucun décor, la scène étant dépouillée, spartiate, austère, à l’instar d’une forteresse volante de guerre. Les connotations vont bon train par les associations d’idées, par ricochets, le septuor de danseurs fuse et cisèle l’air, aiguillant tout l’air du temps qu’il catalyse, qu’il canalise comme pour s’évader de cette prison, la cage de scène, cage en miroir du réel enfermement, celui des cités, cages qui soudainement volent en éclat grâce à la tonicité de ces corps athlétiques, vaillants et généreux, et qui permettent à l’action poétique de respirer en pivotant comme girouette sous  tous les vents, vents autant que moteurs de la liberté. Chez Hofesh Shechter, j’aime l’ardeur, la fougue, la précision martiale, l’engagement, la construction architectonique des ensembles d’hommes étonnamment “Uprising” et d’une masculinité extrême sans machisme aucun, tout en confraternité, les tapes dans le dos rappelant les uns les autres aux bons souvenirs des uns des autres, avec sa part d’enfance irréductible, comme de bons copains. Etant dans une relation plus brute aux choses, sa danse n’est pas moins consubstantielle aux corps dansants dont l’organicité rend hommage à l’animal de meute qu’est l’être humain, et dont la corporéité de la présence rend probablement compte de la part divine appelée à rejoindre l’amour universel, en phase avec l’autre niveau de conscience grâce auquel l’espace-temps ne se vit qu’en conscience et au tréfonds.

Valérie Colette-Folliot, le 23 novembre 2010.

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Site internet du festival Les Boréales

Elisabeth Bikond Nkoma, Rafael Guiavarc’h, la compagnie Silenda et le collectif Corps-respons-Danse proposent le stage /laboratoire Transit au gymnase du CHS de Caen à partir du 21 novembre 2010

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Elisabeth Bikond Nkoma, Rafael Guiavarc’h, la compagnie Silenda et le collectif Corps-respons-Danse   proposent le stage /laboratoire Transit  au gymnase du CHS de Caen à partir du 21 novembre.
Sessions de travail au Gymnase du CHS de CAEN
15 ter Rue Saint Ouen 14000 Caen

20/ 21 nov. 2010
27/ 28 nov. 2010
22/ 23 Janv. 2011

de 14 à 18 h

Présentation du travail lors de l’événement “ÇA DÉMÉNAGE” le  samedi 29 janvier 2011 au CCN de Caen Basse Normandie.

À suivre au mois de Mai 2011 pour une exploration en extérieur.

Le stage est ouvert à tous.

Tarif : 70 euros
Renseignements/inscriptions: g.achille@wanadoo.fr (02.31.39.16.88)

Insolence boréales - à propos de Square Wunder Globe, pièce contemporaine en forme de performance, création du trio Skyr Lee Bob, première mondiale en résidence au CCNCBN – Fattoumi Lamoureux, le 16 novembre 2010 à la Halle aux granges de Caen.

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Insolence boréale

A propos de Square Wunder Globe, pièce contemporaine en forme de performance, création du trio Skyr Lee Bob, première mondiale en résidence au CCNCBN - Fattoumi Lamoureux, le 16 novembre 2010 à la Halle aux granges de Caen.

Tout d’abord, il faut reconnaître que Square Wunder Globe est une performance vraiment insolente. Littéralement venue souffler un vent islandais avec ses quelques réminiscences tribales et archaïsantes, à la façon de Meredith Monk ou de Björk, Erna Omarsdottir communique à ses deux complices une insolence boréale où règnent des génies, les meilleurs comme ceux de la pire espèce. Redoutables, ceux-ci paraissent s’introduire au fur et à mesure de la cérémonie par tous les orifices ébahis et bouches bées recueillis là, en ce mardi 16 novembre 2010 à 20h30 à la Halle aux Granges de Caen ! Le centre chorégraphique national que dirigent les Fatlam (Héla Fattoumi et Eric Lamoureux) peut s’enorgueillir d’avoir porté un tel projet en offrant au trio Skyr Lee Bob une résidence couvrant la période du 25 octobre 2010 à la première mondiale des 15 et 16 novembre 2010. Ce fut une bien singulière rencontre que cette expérimentation reliant les disciplines de la danse contemporaine, des arts plastiques et de la musique : fusion poétique appréciée du public caennais qui s’est manifesté en nombre, avec les gradins remplis.

Ainsi fut donné au CCNCBN - la Halle aux Granges Square Wunder Globe du Collectif Skyr Lee Bob, trio in(ter)disciplinaire islando-belge qui a su imposer ses audaces et son sens de l’extrême avec une économie de moyens qui pourrait rappeler certaines écritures chorégraphiques postmodernes, l’ensemble ressortissant des avant-gardes d’un théâtral résolument performatif.

Prouesses remarquables - écarts, contorsions, dissociations, écartèlement, corps moins en représentation qu’en présence.  Qu’est-elle ? Danseuse, et tout à la fois actante, actrice, sacrifiée, émissaire, livre incarné sur l’autel de l’inouï, du profane et du sacré. Que de trouvailles, kinesthésiques, émotionnelles, en symbiose, en synesthésie, de la part d’Erna Omarsdottir, performeuse soulevant de véritables bourrasques par des qualités de corps proches du solo My Movements are alone like Streetdogs qu’elle a créé avec Jan Fabre en 2000, sur une commande de Karine Saporta dans le cadre du « Vif du Sujet » au Festival d’Avignon. Avec la même intensité, elle offre sa douleur, elle lance ses imprécations contre le vide, se faisant l’écho des cris arrachés en islandais qui appelaient une réponse au « pourquoi avoir abandonné ceux qui vous sont les plus chers ? ». Hier soir, elle continuait d’hurler à la mort, comme ses amis à la lune avec elle en 2000, implorant une fin certaine, leur délivrance, venue d’outre-tombe et convulsée, dansant une ronde macabre avec ces chiens de « Mauvaise Réputation », sur des pistes impraticables où se repère le cercle de la Mort, empaillée, moribonde, errante, reflet d’un entomologiste, tel Jan Fabre, son mentor, ombre portée à l’horizon de l’art contemporain et d’une danse à cru qui se renouvelle avec elle-même. Avec violence, l’invisible de braise lui baise les lèvres, non sans morsure lui arrache de la bouche écarlate le fruit rouge à pleines dents. Oui, on se souvient d’elle dans son phénoménal My Movements are alone like Streetdogs. Et aujourd’hui encore, elle nous revient dans Square Wunder Globe, un trio qui la possède de nouveau, avec autant d’amour que de passion christique. Ce pourrait être bouleversant…

Quant à la plasticité et à la musicalité du jeu, nous saluerons aussi ses deux comparses dont les effets structurants et structuraux de leurs éclairages à chef assoient un ensemble sobre et assuré, voire burlesque, qui apporte de la distanciation et de la désacralisation au pathétique de la situation, le plasticien Gudni Gunnarsson et le musicien Lieven Dousselaere encadrant la transe, ce désordre frénétique qu’ils ont cliniquement provoqué.

Instantanément, nous embarquons dans une nef aux fous. Nous entrons dans cette arche où s’entrouvre un théâtre corporel parfois mimé et caricatural qui donne corps aux idées les plus délirantes, nous installant sans préparation dans un état d’esprit loufoque, à la lisière du sauvage et du civilisé, à la manière d’Alain Platel : postmoderne et désubstantialisé. Alors progressivement se découvre une petite boutique des horreurs, objet initial du spectacle qui se résume à la rencontre entre deux univers parallèles qui n’auraient dû se correspondre. Nerf de la dramaturgie et feu de l’action, Erna Omarsdottir nous fait vibrer, nous transformant de par son sens outrageant du tragique. Avec elle, la Chose fuse. De part en part, elle sature l’air et bonde l’espace scénique au point de le transmuer en cène, si l’on peut dire.

Alliant le cadre de scène au hors champ, derrière un pan de mur blanc qui tiendrait lieu de rideau ou d’écran vidéo, se trouve effectivement un musée de poche, le cabinet de curiosités dont on soupçonne qu’il existe en coulisses. D’ailleurs, en épilogue, le public le découvrira, étant invité au final à participer à la séance par ces trois artistes qui leur signalent l’intérêt d’aller y regarder d’un peu plus près pour voir ladite créature, pour toucher du regard l’ignominieuse que nul n’aurait pu imaginer auparavant, et qui finira bien par pourrir comme le reste, à moins qu’elle n’en arrive à hanter les nuits fauves de pleine lune, à son image, à sa ressemblance, insigne vision de martyr, comme au cirque du Bas-Empire, comme à la foire fin de siècle aux abords de baraques réservées aux freaks show pornographiques et obscènes, fantasmatiques. Mais sur les planches, l’univers poétique incarné par la figure féminine bascule plutôt dans le fantasmagorique.

Depuis le commencement, nous percevons les échantillons aveuglément volés à la nature. Et ces morceaux choisis, nous les devinons qui deviendront des trophées prélevés çà et là, depuis la jungle qu’on appellerait volontiers “le tout l’univers, des hommes et des bêtes”, jusqu’au no man’s land sibérien… à pleurer, à mourir de rire…

Donc, deux aventuriers, comme dans une série en noir et blanc, comme si l’on rejouait Tarzan ou bien l’Arche perdue. Bref, deux globetrotters déambulent de long en large en affectant une précaution extrême qui confine aux manières surjouées d’explorateurs ridicules, qui affichent un sérieux néocolonialiste. Ainsi s’avancent-ils à nous ces pseudo anthropologues tout droit sortis du petit écran ou d’une bande dessinée, stéréotypes du colon, faussaires, téméraires de pacotille. En parfaits immoralistes, ils passent sur la fragilité des corps, et se passent leurs crimes comme des films de série B, sans se méfier, sans conscience de leurs actes non plus. Ils font des gestes mécaniques et sans consistance, sans saveur, sans substance ; et s’en prennent à l’essence, au cœur des choses qu’ils assassinent ainsi en les disséquant. Les viols qu’ils commettent finiront-ils par se retourner contre eux ? Rien de moins certain. La suite en témoignant. Mais jusque là, ils jouent en vainqueurs. Toujours, et encore plus loin dans leurs investigations, ils repoussent les limites sans se mettre en danger, et de fait, leur gestuelle reste et demeure celle d’un automate, la grâce en moins. Sans état d’âme, ils relancent la partie, constamment à manipuler les pauvres erres comme ce corps de femme, plus proche de l’enfant-loup que de l’enfant-roi. Forts de leur arrogance, leur sentiment d’omnipotence finira par s’abattre et fondre sur leur front, si bien qu’ils s’écrouleront sous leur propre poids, abattu par la fin de l’histoire, comme des chiens, par ailleurs, errants sur le trottoir des villes. Au dénouement du récit pseudo épique que nous projette Square Wunder Globe, nos dits personnages mourront de faim et de froid. Tombés pour la science, comme pour la gloire, dans ce désert de froidure qui se révèlera être leur tombeau, à leur tour, engloutis par leur vanité, le no limites, par l’ineptie d’une toute puissance autoproclamée et auto justificative, vampirisés par une vie qui ne laisse pas de place à la fabrique de l’homme occidental. Mais n’anticipons pas. Préservons la linéarité de ce vaudeville décalé qui défile, dévidant sa satire, donnant plus dans la représentation théâtrale ou le pseudo spectacle, que dans la danse pure ou l’art dramatique. Il s’agit d’exploration ; la performance se révèle être en l’espèce la forme appropriée.

Au prélude, prend place une vraie personne celle-là, paradoxalement mi humaine mi primate, visiblement du genre femelle, dont on est aussitôt en droit de se demander comment elle a pu se parer de la sorte. Est-ce un gag ? Nous sommes-nous introduits par mégarde au jardin botanique, au zoo ? Sensation étrange de déranger. Eh puis non ! Dès les premières mesures, comme dans un livre d’images, on se dit que quelque chose ne tourne pas rond avec, de surcroît, ce continuel bourdonnement de mouche qui finit par assourdir, présageant du reste : morbide. Le suspens monte alors en puissance, d’autant que la soirée démarre en clair-obscur avec un sabbat de mains frémissantes brûlées par un faisceau lumineux qui jouent avec une chevelure blond-roux hirsute. Cette mascarade sera-t-elle macabre ? Est-ce magie, sortilège ? Et que recèlent l’envers et le revers ? Qu’il est étrange ce corps dansant : de quelle façon nous enveloppe-t-il !

En suspension, désenveloppe-t-il la charge cosmo-tellurique d’un espace-temps autre ? Square Wunder Globe : qu’est-ce in fine ? Dire l’ineffable quand le sublime à concurrence du grotesque se montre, c’est tout comme se mettre à nu en criant et en gesticulant à son exemple (l’impérieuse guenon) sous le masque simiesque d’un loup vert perroquet, sous le froufrou bouillonnant d’un boa assorti. Arborant sa parure, en guise d’appât fait au mâle qui n’arrivera pas malgré ses pâles ersatz, l’instance va bientôt s’articuler, et nous parler. Profond respect pour l’être, déchu…

Incidemment, l’on se souvient de vues disloquées, notamment celles de Max Ernst, le dada farouche effarouché que sa propre ombre interpelle en rêve, objectant fort à propos que la colle ne fait pas le collage, quand bien même les plumes feraient le plumage… Il en va ainsi dans Square Wunder Globe : l’onirisme virant au cauchemar. Toute nordique et vivement viking, à la fois cruelle, monstrueuse, gore, crue, voire cannibalesque, en plus de carnavalesque, la pièce use du cliché pour l’user, avec habileté, quoique la magie n’opère pas toujours parce que la rugosité du ton général peut épuiser son propre sujet et ternir la pièce au long cours. A faire concurrence aux images souvent surprenantes d’hybrides tels que l’incarne cette épousée de Frankenstein sortie du chaos, du néant, on nous extrait la matière vierge qui est mère nature par le biais d’un jeu d’acteur sauvage, indompté. Ici, la vision de la féminité se réinvente toute aux yeux du public éminemment latin que peut être le spectateur normand. Mais finalement l’inquiétante étrangeté se produit, nous permettant d’accéder aux sphères les plus intimes et les plus élevées aussi de l’esprit, même retors, que matérialise, transcende et subsume le chant, la chanson en l’occurrence d’une condamnée persifflée à l’envi en face d’une audience muette et désactivée, désincarnée, qui ressemble à un tribunal en retrait. Toutefois, l’échappée belle fait danser le poids du souffle, en hypostase.

A perpétuité vouées au décalage et au déplacement, les frontières glissent et se superposent mais ne disparaissent pas pourtant, bien au contraire. Cette performance chorégraphique nous fait voyager en quelques fractions, d’où la profondeur de champ, poignante et crescendo, qui se résout en allegro d’un jeu dramatique rythmé sur une colonne d’air, effectivement, sur une rythmique en pulsations cardiaques et un tour de variétés micro en main en bouquet final, comme oraison funèbre.

Trois temps culminants, à mon sens, hier soir :

- le cri de la bête sauvage, Monkey - l’impossible femelle de King Kong - qui s’étouffe à hurler à la nue dans cette cage hermétique et enfumée pour toutes chaines,

- la mélopée de la jeune fille qui se dessine en verticalité derrière le miroir en pied qui l’encadre, mais l’enferme aussi, en total décentrement et légèrement en arrière-plan derrière son voile laiteux et bleuâtre, comme plongée, ou plutôt comme émergeant de nulle part, d’une fosse sans fond, en abyme de scène, quelque part dans une diagonale suggérée de jardin en cour face à la salle, médusée, pétrifiée, hypnotisée par ses trilles que font s’écrouler les graves gutturaux qui rappellent à l’oreille interne notre propre champ oublié, le tréfonds, notre origine impensée d’avant l’humanité…

- la voix toujours de cette Vénus de glace, tribale à la bouche ensanglantée, éructe en même temps des sons inarticulés de souffrance, crachant avec la voix écorchée des écailles d’ongles et de coquilles régurgitées, mélangées à de la matière organique, à du sang fétide ; c’est la Chose là en pâture, livrée en spectacle, s’annihilant sous les rires cyniques de quelques officiants aux faux-airs de diacres en craie, dissimulés sous leur drapé ivoire qui cache leur face, silhouettes satiriques de sainteté feinte, fausseté personnifiée, artificialité d’une vision dogmatique tutélaire accompagnant, pour se l’agréger, l’heure de l’accouchement : dans les hurlements de la génétrix, se fait jour l’agonie en même temps que l’enfantement d’une abomination joués comme l’on entendrait la montagne accoucher d’une souris… A la fois déesse-mère, impensable mère porteuse dévoreuse, celle-ci l’emporte sur tous comme un soleil dont on voit qu’il ne s’agit ni du soleil noir de la mélancolie, ni du roi qui règne en maître sur l’univers tout entier. Cette femme de la genèse, sage, à l’invite de Lilith ou à l’effigie de Gaïa, est survenue, sortant du vide polaire, à l’origine immaculée, puis souillée, maculée de sang et de vomissure. Notre déchéance, et notre rédemption à la fois délivrant l’une quelconque des forces vives en présence au monde, libérant ce mélange alchimique, fluide terrifiant, insuffle la vie en nous dépossédant du Noûs même.

Valérie Colette-Folliot, le 16 novembre 2010, Caen.

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Image : DR

 

Le Groupe Entorse (Samuel LEFEUVRE, Raphaëlle LATINI) propose ACCIDENS (ce qui arrive) mercredi 17 novembre 20h30 au Forum de Falaise

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Un danseur mué en un amas organique qui change de forme à volonté. Une force intérieure pousse ce tas de chair à tout faire pour retrouver sa forme d’origine. Force vitale, pulsion de survie ? Le son issu des platines travaille le corps du danseur, fabrique un corps de synthèse, commandant ses tendons, ses nerfs. Il l’aide à percer de nouvelles connexions quand la situation d’origine est hors d’atteinte, pour trouver un autre état de contentement. En confrontant deux intensités, celle des états de corps à celle des univers sonores, Samuel Lefeuvre et Raphaëlle Latini questionnent la notion de résilience et lui donnent forme.

Chorégraphie et interprétation : Samuel LEFEUVRE
Création musicale et travail aux platines : Raphaëlle LATINI
Lumière : Nicolas OLIVIER assistant Bruno OLIVIER
Régie son : Sam NEAUD
Scénographie : Groupe ENTORSE

Forum de Falaise
Bd. de la Libération - 14700 Falaise
Réservations: 02.31.90.89.60
et le 1, 2, 3 Décembre 2010 au THEATRE UNIVERSITAIRE DE NANTES

Ce projet bénéficie du soutien de la DRAC de Basse-Normandie,
du Conseil Régional de Basse Normandie,
du Conseil Général du Calvados et de la ville de Caen.
Co-production : Relais Culturel de Falaise.

Plus d’informations en suivant ce lien

Photo © Ruben Brulat

La troisième journée consacrée à l’édition en danse organisée par Micadanses et le Centre de développement chorégraphique du Val-de-Marne aura lieu le le 11 décembre 2010

Colloques/Débats, Réflexions, Lectures, Actualités Pas de commentaires »

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La troisième journée de l’édition en danse, organisée le 11 décembre par Micadanses en partenariat avec le Centre de développement chorégraphique du Val-de-Marne, commencera par un temps de réflexion :
Pourquoi l’édition en danse paraît-elle si faible, éparpillée ?
Pourquoi certains éditeurs s’en désintéressent-ils ?
Le web nous sauvera-t-il ?

Différents acteurs du monde chorégraphique et de l’édition sont invités à se réunir pour faire le point sur cette activité, débattre et envisager de nouvelles façons de stimuler les publications en danse.

Contact : Nicolas Sapien
Festival Faits d’hiver / Micadanses
15, rue Geoffroy l’Asnier 75004 Paris
01 42 77 26 25
faitsdhiver@micadanses.fr

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