Organisation : Marianne Filloux-Vigreux, Pascale Goetschel, Julien Rosemberg

Lundi 4 juin 2007 de 9 heures à 18 heures
Association Hors les murs, centre de ressources pour le développement des arts de la rue et des arts du cirque
68, rue de la Folie Méricourt - Paris (XIe)
Métro Parmentier

Cette journée d’études, qui entend apporter sa contribution à la réflexion historique autour du spectacle vivant, cherchera non seulement à comprendre comment les artistes – entendus au sens large – se sont concrètement regroupés, mais aussi à cerner les logiques, esthétiques, financières, stratégiques…, qui président aux rassemblements d’hommes et de femmes davantage marqués, selon un a priori communément répandu, par leurs talents individuels.

Il s’agira de dépasser les seules études sectorielles pour tenter d’adopter une perspective résolument comparatiste. En effet, nous faisons le pari que, si des termes semblent exclusivement réservés à un secteur – le ballet pour la danse par exemple –, l’emploi partagé d’autres noms (troupe, compagnie) en dit long sur les mécanismes de regroupement dans le milieu du spectacle vivant. Des questions communes pourront ainsi être soulevées : les artistes empruntent-ils leur modèle à d’autres organisations ? Ou inventent-ils leurs propres modes de rassemblement ? Il faudra traquer là, par exemple, l’imitation du militaire, la volonté de reconnaissance juridique ou le mode nostalgique. Plus globalement, il s’agira d’esquisser une typologie des modes de désignation du collectif et d’expliquer les raisons d’utilisation de tel ou tel terme.

Il conviendra également de dépasser les analyses internes, parfois hagiographiques, construites sur des récits mythiques des origines, pour, au contraire, reconstituer des généalogies précises. Il s’agira là de repérer les moments de changements de dénomination et de cerner les transferts de termes entre les différents secteurs du spectacle vivant. Quels sens peuvent avoir ces transformations dans les manières de nommer ? Outre qu’elles montreront sans doute que le théâtre, la danse, le cirque ou la musique ne constituent pas des univers imperméables les uns aux autres, elles pourront nous en dire long sur les pratiques et leurs évolutions, les relations entres les artistes, ou même, plus largement, sur la place de tel ou tel domaine du spectacle vivant dans la société qui le voit se créer. C’est bien à une histoire des usages de termes que nous souhaitons aboutir, avec, comme préoccupation essentielle, la question des éventuelles spécificités des deux siècles.

Cette journée marquera la séance inaugurale d’un séminaire de recherche en histoire culturelle du spectacle vivant qui sera réuni à partir de la prochaine année universitaire.

La journée s’organisera autour de trois temps de réflexion :
- une approche épistémologique destinée à affirmer la spécificité des questionnements d’historiens,
- des analyses sectorielles pour cerner au plus près les manières de s’auto-désigner des acteurs, hommes de cirque, danseurs ou musiciens avant de s’interroger,
- une réflexion sur les recompositions sectorielles et les changements de désignation qu’elles suscitent ou dont elles sont les conséquences.

Programme

9H00 : Accueil

9H15-10H45 : Approche épistémologique
Pascale Goetschel (Maître de conférences, CHS, Paris I) – quelles approches historiennes pour l’histoire du spectacle vivant ?
Emmanuel Wallon (Professeur, Paris X-Nanterre) – réflexions autour de la notion de collectif en Europe

10H45 : Pause

11H00-12H30 : Modes de désignation
Catherine Lebouleux (Doctorante, CHCSC, Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines) – la troupe lyrique de l’Opéra de Paris (1831-1870)
Marianne Filloux-Vigreux (CHS) – ballet, compagnie ? Désigner le collectif de danse

14H30-16H00: Modes de désignation (II)
Joël Cramesnil (à confirmer)
Julien Rosemberg (CHS) – modes de désignation, légitimité et légitimation dans le domaine du cirque (années 1970-2002)

16H00 : Pause

16H15-18H00 : Regards sur le très contemporain
Jean-Michel Guy (ingénieur de recherches au DEP du ministère de la Culture et de la Communication) – la jongle, une famille ?
Philippe Goudard (maître de conférences, Montpellier III) – Être clown : devenir personne pour devenir quelqu’un.

Pour tout renseignement, contactez pascale.goetschel@wanadoo.fr