9 Conférences
par Valérie Colette-Folliot
2025-2026 — 1
Mardi 14 octobre 2025 — 15h45-17h45
Mardi 18 novembre 2025 — 10h-12h
Vexations d’Erik Satie
Duration de la musique répétitive
Mardi 9 décembre 2025 — 15h45-17h45
Femmes en noir
Voix contre texte : la chanson française
Mardi 13 janvier 2026 — 10h-12h
La Saga des Misérables
de Victor Hugo
Le drame romantique
Mardi 10 février 2026 — 15h45-17h45
« Make Art, Not War »
OBEY aka Shepard Fairey
L’Artiste engagé
Mardi 10 mars 2026 — 15h45-17h45
Présence scénique de l'acteur-comédien « to be or not to be »
Le jeu masqué
Mardi 7 avril 2026 — 10h-12h
Présence scénique de l'acteur-danseur « dansez, maintenant »
La danse comme langage caché de l’âme
Mardi 5 mai 2026 — 15h45-17h45
Présence-absence psychopompe « la musique adoucit les mœurs... »
L’Harmonie des sphères
Mardi 9 juin 2026 — 15h45-17h45
Présence de l’acteur-musicien « de la musique avant toute chose »
Entre l’image et la poésie, peinture de rêve et réel
1.
Cycle de neuf conférences, troisième édition 2025-2026 — Conservatoire de Rouen
A l’attention des classes préparatoires théâtre, musique, danse - Licence Musiciens Interprètes
Présentation du socle commun de culture théâtrale, musicale, chorégraphique.
Pour une définition du spectacle vivant
Comme au commencement était l’action, actes symbolique, imaginaire, réel, peinture du silence et
nuit transfigurée, la présence scénique, n’est-ce en somme l’idée qui prend corps, le Verbe et la
Parole se faisant incarnation, concept opératoire ?
Au spectacle des profondeurs sous les visages du masque, le langage caché de l’âme en est l'enjeu
par leurre à peine simulé. Au fil de l’histoire des arts du mouvement, quelles en sont les figures
marquantes, quels modèles exemplaires participent de l’inconscient, des archétypes ?
L’imaginaire collectif – imaginaire théâtral, musical et chorégraphique – ici fait levier sur le tréfonds,
révélant le poids et la gloire de ces trésors délivrés en fonds commun, répertoire et patrimoine
immatériel de l’humanité. C’est effectivement la dot et le lot du spectacle vivant que de
perpétuellement se métamorphoser au gré des mutations du corps et du regard à l’école du
spectateur qui en étudie le style et ses techniques comme à l’appui font retours sur le jeu d’acteur,
comédiens, musiciens, danseurs, artistes et poètes à rebours.
Pleins feux donc ainsi sur la scène des interprètes aux pensées écarlates incarnées, rompues au
ressenti et à l’émotion prodigués par l’intercession des paroles jouées, chantées, dansées
véritablement en lumières de corps, pose Valère Novarina, au cœur des écritures dramaturgiques
toutes traversées d’esthétiques certes, poétiques, mais en recours, ornementées, spiritualisées de
stylistique et sémiotique qui viennent à l’aune du regard au nom d’une casuistique, la vérité du sujet
via la vérité du corps.
Pensée du corps pour seule éthique ? Quelle philosophie tire le fil rouge de l’action quand celle-ci file
la métaphore ? Quels jeux de métaphorisation dans l’art de dresser un plateau et mettre en scène ?
En mélodie du bonheur, s’il en est, d’aucuns se départissent de perspectives croisées en point de
fuite des corps rêvés et dansants. Or, ne fait-on jamais mieux chanter les mots et les gestes sinon par
le mouvement qui fondamentalement au très-haut/très bas ne ment pas ? La réflexion sera
sémiologique sur ces corps réfléchis que sont les formes scéniques du théâtre, musique, danse.
Introduction générale à la problématique des conférences sur les arts du spectacle
Questionnons cet instrument de pouvoir : en quête de sens, pourquoi, comment la course-poursuite
assigne-t-elle au maître-mot éthique sa règle et sa loi ? Quelle en est la raison d'être, le non-dit ?
Mais, vivre, exister, être ou ne pas être, telle est la question aux origines du théâtre de l'histoire en
ce qu’être recouvre bel et bien de tragique. Car vivre, vivre : « Vivre de telle sorte qu’il te faille
désirer revivre, c’est là ton devoir », nous dit Nietzsche, exhumant la voix, esquissant une voie, en
biais...
Au champ des possibles, l’absence fait sens tout comme l’objeu fait signe, entre rêve et désir là où
s’ouvre l’obvie aux regards qui s’illuminent tel le cœur des béatitudes, quasi plénitude d’incarnation.
Réalité de la réalité en délicatesse et présence à soi, ici et maintenant se joue quelque chose d’autre.
Il y a présence, présence au monde, faute de beauté divine. Il y a immanence et transcendance.
L’Autre et la Chose, cause du désir certes, mais objet de désir aussi. Se subliment aléas et vicissitudes,
le tout du monde s’aventurant de grandeurs en misères (Pascal) dans les mondanités, le
divertissement sauvant à force de danser, danser, danser, sinon nous sommes perdus, dit Pina
Bausch. En vérité, nuit transfigurée d’une peinture du silence, avec sa poésie, la visée se confond
dans la portée à la carrure du sujet qui en est l’envergure, de la partition, des archives vivantes.
L’action scénique alors progresse d’actes de parole et actes de langage comme à l’ombre du jeu
corporel, communication n’étant pas communion ni eucharistie, hypostase a fortiori, stratégies
obliques du masque oblige, et, spectacle contre épreuve selon son échelle et sa mesure, l’on voit ce
qui nous regarde, soit l’invisible, étant donné la nécessité intérieure faisant force de loi, en vérité :
The Show must go On.
Entre ciel et terre, entre en scène l’acteur, l’artiste de scène qui fait un songe en dialoguant et jouant
de concert avec l’ange son alter ego, les rêves dansants/dansés en élévation au delà du geste joints à
la parole s’adressant à l’infini comme ça parle de soi avec évidence parce que finalement, nous
signale Jacques Lacan au détour des grands moments du geste dans son Discours de Rome (1953) :
« le jeu, c'est le sujet »,
Quand tombent les masques, après/avant.
Nota bene : ces conférences ont lieu au Conservatoire de Rouen au 50 Avenue de la Porte des Champs
76000 ROUEN — GoogleMaps
— Salle Maurice Emmanuel.