Sapientiales


Dans le cadre de la Journée mondiale de la danse, 29 avril de chaque année depuis 1982 ainsi que posée par le Conseil International de la Danse (CID, partenaire officiel de l'UNESCO) en mémoire à Noverre, grand réformateur français du ballet du XVIIIe siècle, SAPIENTIALES se voit concourir aux olympiades d'une culture en mouvement sachant ouvrir aux humanités chorégraphiques un public en présence.
Ces rencontres autour de la danse d'élévation sont, avant toute chose, des moments de discussion sur les pouvoirs de la danse (danse noble prenant corps par séries de danses spéculaires, en chair et en os), ces temps de conférence-projection s'ingénieront à dispenser leurs outils pour une éducation fidèle aux principes des Lumières, c'est-à-dire savoir tel que s'emploie à le faire la science contre l'ignorance parce qu'il y a connaissance en perspective, au pluriel et au singulier, en majuscule et en minuscule ; il y a sens des choses, certes, les sens, une essence tout simplement, mais, un spectacle des profondeurs comme jeunesse va avec saveur par l'esprit de fête en couronne d'une autre saltation pour toute musique de son cœur. Y engage l'orchestique d'Ilan Zaoui, et le geste alors avec Franck Legros devient envol, mémoire, souvenirs rédimés. Mémoires oublié(e)s, ressouvenance, c'est le tout du monde à la clé, l'émancipation des peuples à disposer d'eux-mêmes se dressant sur ses appuis parce qu'il y a ceci, le poids, la mesure et le nombre dans le fait de danser, l'amour plus fort que la mort en réponse à l'amour fou, l'amour-passion, l'amor fol et la fin'amor dont Jean Guizerix se fait l'émissaire à chanter son corps glorieux, corps dansant stellaire par-delà les mots et les gestes en un geste seul, solitaire mouvement digne de l'élévation des esprits par le corps d'où s'ensuit la dialectique Danse et Spiritualité, programme du CID que reprend au fond Marie-Agnès Gillot, marraine de cette première édition, Journée Mondiale de la Danse en Normandie 2020.


La Bibliothèque Alexis de Tocqueville en partenariat avec le Conservatoire de Caen ainsi que l'Université de Caen (UFR STAPS) et CHOREGE Centre de développement chorégraphique national Falaise Normandie, le centre chorégraphique national de Caen en Normandie — direction Alban Richard, la Maison de la Danse de Lyon et l'association Abyme de même que le Conservatoire à rayonnement régional de Rouen et La Maison Sublime de Rouen pour leur contribution à Sublimation (2019), diffusera une vidéo-danse pour Alban Richard d'après Nombrer les étoiles (2016), l'endroit se faisant aventure sémiologique. SAPIENTIALES propose ces réflexions philosophiques et poétiques sur la danse en tant que sensible ou silence incarné, for de l'intime, tréfonds voire ferment, creuset de l'humanité puisque premier-né, le chorégraphique art s'appréhendant objet de désir.


Sous le signe de Marie-Agnès Gillot, danseuse-étoile du Ballet de l'Opéra de Paris, avec la complicité de Dominique Hervieu, directrice de la Maison de la Danse de Lyon, tables-rondes et rencontres se constitueront sous forme de conférences-projections les 27, 28 et 29 avril 2020 en différents points de la région Normandie : Caen, Falaise et Rouen.


En l'occurrence, mercredi 29 avril 2020, la Bibliothèque Alexis de Tocqueville programmera des films de danse en préfiguration d'un devant de scène, soit : - Gravitation (1998) avec Wilfride Piollet au studio des Barres flexibles, d'après Anna Pavlova dans La Mort du Cygne (1907), - Appropriation (1999) avec Marie-Agnès Gillot au Foyer de la danse du Palais Garnier, d'après Tamara Karsavina dans L'Oiseau de feu (1910), - Sublimation (2019), de Philippe Colette et Axelle Rioult sur une idée de Valérie Folliot, avec Alban Richard à la Maison Sublime de Rouen d'après Nombrer les étoiles (2016).


Pièces chorégraphiques de répertoire, toutes partitions chorégraphiées d'après un imaginaire aussi riche d'interdits que de champ des possibles se font jour. Or, c'est aussi bien le fonds normand juif courtois que l'œil en vient à visiter, s'acheminant dans les méandres du palais. Ainsi donc, par exemple, Jacques-Sylvain Klein, délégué de La Maison Sublime de Rouen, témoignera-t-il pour sa part de questions transversales afin d'aborder lesdits sujets de transmission si chers aux paroles de corps via cette insigne poésie du corps dansant telle que savent la vivre et la partager par tant et tant de soi ces figures atypiques de la scène amoureuse ; qui, un Steven Cohen, qui Alban Richard ou bien un autre que lui, son ombre ou son double, l'autre en personne même quand se font passeurs de danse les comédiens performeurs, danseurs acteurs, musiciens des sphères, chacun à tour de rôle convié dans ces gestes à respirer, geste auguste du semeur, la tendreté des pierres d'un lieu patrimonial consacré appelant attentions et soins par le mouvement que confesse la tradition du Livre, pareille oralité introduisant au seuil d'une école sans nom, maison de la sagesse à la croisée des chemins comme temps retrouvé(s), « écriture de soi » poserait Alain Goulet, danse perspective ou trajectoires dansées nous rappellererait en outre Michèle Latini en lien d'âmes, pures traces de soi...

Valérie Colette-Folliot

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